JEUNESSE RÉSISTANTE (1940-1944) : "UN FORT SENTIMENT DE RÉVOLTE" !
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JEUNESSE RÉSISTANTE (1940-1944) : "UN FORT SENTIMENT DE RÉVOLTE" !
La plupart des résistants français étaient jeunes. Beaucoup avaient moins de 20 ans. Certains se sont engagés à 15 ans.
On distingue deux formes de résistance : la résistance passive (une petite action contre l’occupant, comme mentir à un policier) et la résistance active. Celle-ci (la Résistance, avec une majuscule) s’adonne à différents types d’activités : le renseignement pour préparer les actions armées, la propagande pour recruter de nouveaux résistants et faire circuler l’information, l’action armée et les actes de sabotage.
Distribuer un tract, diffuser les informations entendues sur Radio-Londres, imprimer ou distribuer des journaux clandestins, cacher des Juifs, héberger des aviateurs anglais, mais aussi aider quelqu’un à passer la ligne de démarcation (la frontière qui sépare, en France, la zone occupée de la zone libre) ou les frontières espagnole et suisse, dessiner sur un mur une croix de Lorraine (le symbole du général de Gaulle), aller manifester le jour de la fête nationale (le 14 juillet), sont des actes de résistance, tout autant que faire de faux papiers, cacher des armes, diffuser des renseignements militaires, faire sauter un train ou une usine qui collabore avec les Allemands, et saboter du matériel allemand.
En 1944, les résistants sont mis au courant du prochain débarquement des troupes alliées. Ils participent alors à la diffusion de fausses informations pour les Allemands ; ils multiplient les sabotages (trains, lignes de chemins de fer, lignes de téléphone et de télégraphe, lignes électriques) ; ils coupent les routes, ce qui rend difficile l’arrivée de renforts allemands. Ces actions, très importantes, ont toutes préparé l’offensive alliée du débarquement de Normandie (le 6 juin 1944, appelé le « Jour J »).
Les résistants reçoivent des armes parachutées par des aviateurs anglais, mais doivent aussi en trouver par leurs propres moyens : par exemple en attaquant des dépôts d’armes et de munitions (des Allemands ou de l’armée française dissoute), ou en attaquant des policiers français pour leur prendre leur arme de service. Au printemps 1944, avant le « Jour J », des parachutages alliés permettent d’armer environ 120 000 hommes.
Les moyens de communication de la résistance
Ceux qui ont la chance d’avoir un poste de radio écoutent les émissions en langue française de Radio-Londres (notamment Les Français parlent aux Français) et en parlent ensuite autour d’eux. La BBC (la radio anglaise) les informe sur le conflit dans le monde, mais aussi sur ce qui se passe en France. C’est également elle qui donne des consignes aux différents réseaux de résistants, par le biais de messages codés.
Début juin 1944, dans les jours qui précèdent le débarquement des Alliés en Normandie (6 juin), ce sont des centaines de messages codés qui sont diffusés, toute la journée, sur les ondes de la BBC, la radio londonienne écoutée par les résistants français. Chacun s'adresse à un réseau particulier et a une signification très précise : « Messieurs, faites vos jeux » est un ordre de sabotage lancé le 5 juin 1944 (la veille du débarquement des Alliés en Normandie).
« Les carottes sont cuites », « Les dés sont sur la table » ou « Les sanglots longs des violons de l'automne » annoncent, chacun à un réseau de résistants, le débarquement imminent des Alliés, mais évidemment ni la date, ni le lieu.
Les tracts et les journaux clandestins sont une autre source d’informations. Mais pour cela, il faut posséder du papier, de l’encre et un matériel d’imprimerie bien caché ; il faut ensuite distribuer et faire circuler ces documents clandestins. Chaque mouvement a son journal. Plus de 200 journaux clandestins paraissent en France pendant l’occupation, certains régulièrement (1 à 2 fois par mois), et leurs tirages vont de quelques milliers d’exemplaires à plus de 400 000 en 1944.
Une partie de la Résistance est formée d’hommes et de femmes qui entrent dans la clandestinité. Ils forment des maquis, qui sont de véritables armées cachées dans les forêts et les montagnes. Un maquis peut rassembler plusieurs centaines d’hommes, encadrés par une hiérarchie militaire. Une grande partie des maquis est constituée par les hommes réfractaires au STO (le Service du travail obligatoire, qui impose aux Français valides de partir travailler en Allemagne) et par ceux qui sont recherchés par les Allemands ou par la police française.
D’autres résistants restent dans leur ville ou leur région pour mener leurs actions sous une fausse identité, avec de faux papiers (obtenus parfois grâce à la complicité de fonctionnaires de mairie). Ils se choisissent un pseudonyme de combattant : par exemple, les membres du réseau de Jean Moulin ne le connaissent que sous le nom de « Max ».
Un résistant doit toujours rester sur ses gardes, et ne jamais se dévoiler afin de ne pas être démasqué et dénoncé. Lorsqu’un résistant est arrêté par la Gestapo allemande ou par la Milice française, il est interrogé et torturé. C’est par tous les moyens qu’on essaie de le faire parler pour obtenir des informations sur son réseau. C’est la raison pour laquelle un résistant ne connaît jamais la totalité des membres de son réseau, et a pour consigne de « tenir » 48 heures, le temps pour ses camarades de changer de planque, de « disparaître ». Après avoir été torturé, il est emprisonné, puis rapidement déporté dans un camp de concentration en Allemagne, ou fusillé en France.
Pour la seule France, on estime que sur les quelque 200 000 résistants actifs durant ces quatre années (1940-1944), plus de 50 000 sont morts lors des combats, en déportation ou exécutés. En 1958, un mémorial de la Résistance française a été édifié sur le mont Valérien (à Suresnes, à l'ouest de Paris) pour honorer la mémoire des 4 500 résistants exécutés à cet endroit par les nazis, pendant la Seconde Guerre mondiale.
La Résistance naît d'abord d'une volonté de dire "NON". Dès l'été 1940, les jeunes sont nombreux à refuser l'occupation allemande "Ils ont la fougue de leur âge et la conviction que même des petites actions peuvent changer les choses" explique Manon Pignot, l'historienne spécialiste des enfants dans la guerre. "Ils commencent par des actes simples : écrire sur les murs du lycée, d'échanger des papiers, des tracts...", décrit Laurence Thibault, autrice du livre Les Jeunes et la Résistance (La Documentation française).
La volonté de combattre l'ordre établi, "les vieux de Vichy", motivé nombre d'entre eux. "Ils comprennent vite qu'ils vivent sous un régime autoritaire : on leur interdit d'écouter de la musique, de lire certains livres... leurs copains communistes puis juifs disparaissent de leurs classes. Il y a un fort sentiment de révolte parmi cette jeunesse française", fait-elle remarquer. Puis pour fuir le STO et se cacher, des centaines de jeunes prennent le maquis en 1943.
. PATRIOTES. "Le sentiment patriotique est très fort", rappelle David André, réalisateur du documentaire Les Lycéens, le traître et les Nazis (2019), sur les 41 lycéens fusillés le 10 juin 1944. "Ces jeunes croient en leurs idéaux. Ils se jettent dans le combat pour la démocratie face à des gens incarnant la pire des brutalités".
. ACTIFS ET DISCRETS. La grande majorité de ces jeunes n'ont ni femme, ni enfants, ni responsabilités d'adulte. Il est un peu plus facile de s'engager quand on n'est pas soutien de famille. Les filles sont présentes parmi eux, notamment dans les premières organisations et dans les réseaux d'évasion. Elles passent plus facilement inaperçues. Elles font du renseignement, des recherches sur les armes des Allemands, transmettent des informations pour Londres..."Souvent, les familles ne sont pas au courant de ces activités. Pour la sécurité de chacun, personne n'en parle. Parfois, parents et enfants sont actifs dans des organisations de la Résistance différentes sans le savoir. Les jeunes se regroupent souvent à partir des liens déjà existants : organisations religieuses, clubs sportifs, scoutisme ou simples relations amicales, précise Laurence Thibault. "La grande majorité d'entre eux n'appartiennent pas à des organisations politiques".
Freddy Mulongo Mukena
Réveil FM International
